L’équitation

Le cheval serait l’un des meilleurs amis des personnes non valides. L’équitation donne au blessé la possibilité de développer des sensations enfouies dans le passé.  

« Grâce à [cette pratique], on retrouve des éléments que l’on avait dans l’enfance, précise l’adjudant-chef Benoît Cheransac, diplômé d’Etat en équitation.

A l’âge adulte, le seul moment où l’on peut se sentir porté quand on ne l’est plus par ses membres inférieurs, c’est lorsque l’on monte à cheval. L’animal va materner et en quelque sorte apporter au blessé la chaleur que lui offrait sa mère. Cela peut aider à rassurer le militaire. Je peux vous assurer que le cheval réagira différemment avec une personne valide. Il sent les choses, mais ne juge jamais l’individu. »

Depuis quelques années, l’équithérapie est venue épauler les équipes médicales. Le cheval est donc une source de bienfaits pour le corps et l’esprit.

« Je demande souvent aux blessés qui ont perdu l’usage de leurs membres de fermer les yeux au cours de la séance d’équitation et de se remémorer la période où ils pouvaient encore marcher : des souvenirs qu’ils vont presque ressentir grâce aux mouvements du bassin provoqués par le cheval.

J’ai en mémoire l’exemple d’un militaire tétraplégique sur un cheval avec un fauteuil adapté : après quelques minutes de mise en confiance, ses bras se sont relâchés, ses lèvres aussi, il était comme dans une bulle », ajoute l’adjudant-chef Cheransac.

Ce dernier propose par ailleurs des pistes de reconstruction et de réinsertion dans le milieu équin. « Cela peut donner l’envie aux blessés de développer une nouvelle passion pour le cheval et, pourquoi pas, de se réinsérer dans ce milieu. »