La protection, meilleur rempart contre les troubles de l’audition

L’adoption de mesures préventives est indispensable pour se protéger des bruits impulsionnels liés au maniement des armes en stands de tirs ou sur le terrain. Malheureusement, les résistances individuelles ont la vie dure et ne permettent pas une protection auditive en toutes circonstances, comme le montre une étude de référence réalisée au sein de l’armée de Terre(6).

La protection, meilleur rempart contre les troubles de l’audition

État des lieux de la protection auditive au sein de l’armée

Parce que les troubles auditifs des militaires constituent un problème de santé majeur, les forces armées françaises ont pris très tôt la mesure de l’enjeu et mis en place des mesures de prévention. Grâce à ces efforts, le niveau de protection auditive a ainsi progressé depuis quelques années au sein de la population militaire. Pour autant, il n’est pas encore optimal : seulement 47 % des militaires déclarent utiliser les protections de façon systématique à la fois en stand de tir, lors d’exercices et en opérations extérieures6.

 

Une forte hétérogénéité des protections utilisées 

Les pratiques en matière de protection auditive sont variées6 :

  • Le casque antibruit reste le dispositif le plus utilisé en stand de tir (69,1 % des militaires interrogés l’utilisent) et il est considéré comme le moyen de protection le plus efficace (pas de risque de chute). 27 % des militaires l’utilisent lors des exercices sur le terrain.
  • Les bouchons à atténuation non linéaire (BNL) sont portés par respectivement 46,3% et 32,5 % des militaires en stands de tirs (et par 47,7 % et 38,8 % des militaires lors des exercices sur le terrain). Ils ont comme principal avantage de rendre la communication avec l’extérieur possible, tout en protégeant l’audition des bruits impulsionnels (bruit de très courte durée, type détonation d’armes à feu). Mais ils présentent un risque de chute important et ne protègent pas contre les bruits continus.
  • Les bouchons antibruit classiques (en mousse) sont quant à eux portés par 23,7 % des militaires en stands de tirs et 22,3 % lors des exercices sur le terrain.

 

Des freins individuels encore très présents

La persistance de certaines réticences ou freins individuels permet d’expliquer l’absence ou l’insuffisance de protection. Parmi ceux-ci on peut citer :

  • La difficulté à percevoir l’environnement sonore : il s’agit du principal frein pour de nombreux militaires qui se sentent isolés par les protections auditives et en situation d’insécurité.
  • Les difficultés ressenties dans la mise en place et le maintien des bouchons antibruit (déplacement ou chute des bouchons).
  • Un manque d’information sur certaines protections auditives qui entraîne un mésusage. Deux types d’erreurs ont notamment été mis en évidence dans l’utilisation des bouchons à atténuation non linéaire :
    • ils sont parfois portés en association avec le casque ;
    • ils sont considérés par certains comme efficaces contre les bruits continus.

Enfin, l’oubli est également un facteur expliquant l’absence de protections auditives durant les séances de tirs notamment.

 

 
6 - Prévention des traumatismes sonores aigus à l’unité : résultats d’une enquête menée en 2007 auprès de 1 315 militaires en activité dans l’armée de Terre. F. Casanova, N. Saroulb, J.-B. Nottetc.