Adolescents et écrans : quels dangers ?

Adolescents et écrans : quels dangers ?

Les jeunes consacrent en moyenne près de cinq heures par jour aux activités sur écrans à l’âge de 11 ans et plus de huit heures par jour à 15 ans9, au grand dam de leurs parents qui, pour la plupart, se sentent à la fois dépassés et impuissants. Pour autant, il est inutile et vain de diaboliser ces outils qui peuvent jouer un rôle positif dans la construction et le développement des jeunes, lorsqu’ils sont consommés de façon raisonnable.

Panorama des avantages et risques liés aux différents types d’activités sur écrans :

  • Internet : c’est l’activité la plus prisée des jeunes puisque 83 % des plus de 16 ans surfent tous les jours, contre seulement 23 % il y a 10 ans10. Internet facilite leurs échanges avec leurs proches, leur permet de s’informer ou de jouer en ligne. Mais cet espace de liberté n’est pas sans dangers : radicalisation, tentative d’escroquerie, cyberharcèlement, rencontre dangereuse avec des pédophiles…
  • Réseaux sociaux : très appréciés des adolescents, ils permettent à certains jeunes manquant de confiance en eux d’échanger plus facilement avec leurs amis. Mais ces espaces de dialogue présentent certains risques : mauvaises rencontres, information utilisée de façon malveillante, impossibilité d’effacer la trace d’un message que l’on pourrait regretter…
  • Jeux vidéo : il s’agit d’une des activités les plus pratiquées à l’adolescence, notamment chez les garçons. Si cette activité inquiète souvent les parents, elle peut également être positive à condition d’être pratiquée de façon modérée (stimulation des échanges, développement de la capacité de déduction...). Certains jeunes en situation de vulnérabilité peuvent toutefois s’y réfugier pour fuir une réalité difficile, ce qui génère isolement et mal-être.

 

Quel que soit le type d’activités sur écrans, toute pratique excessive peut avoir de lourdes conséquences sur la santé et la vie sociale des jeunes :

  • Poids : différentes études établissent un lien entre une pratique excessive des écrans et une alimentation plus sucrée, un développement de l’obésité et du syndrome métabolique (hypertension, glycémie élevée, faible taux de bon cholestérol…).
  • Sexualité : les écrans constituent un vecteur d’information et une porte d’entrée dans la sexualité. Leur usage excessif est lié à une initiation sexuelle plus précoce. Notamment par l’accès facilité aux sites pornographiques.
  • Psychisme : les images violentes liées parfois à la pratique des écrans (films viraux, jeux violents…) peuvent générer une insécurité psychique et une plus faible tendance à l’entraide ou à la coopération.

Enfin, les écrans nuisent au sommeil. Selon un sondage réalisé en décembre 201711, 88% des 15/24 ans estiment qu’ils ne dorment pas assez. Alors qu’à cette période de la vie, huit heures de sommeil en moyenne sont recommandées chaque nuit, près de 40 % des jeunes interrogés dormiraient moins de sept heures. En cause notamment les activités nocturnes sur écrans. 83 % des jeunes auraient les yeux rivés sur un écran avant de s’endormir. Il en résulte une fatigue le lendemain qu’ils compensent en adoptant des solutions inefficaces, voire contre-productives (prise d’excitants, siestes longues, grasses matinées…).

En tant que parent d’adolescents ou de jeunes adultes il est légitime de se demander quels sont les symptômes pouvant évoquer une pratique nocive des écrans. Une dette de sommeil chronique, des difficultés à se concentrer, une alimentation déstructurée, une tendance à l’isolement ou au repli sur soi font partie des signes qui doivent conduire les parents à s’interroger sur la pratique de leurs enfants.

Militaires et écrans, des risques à prendre au sérieux

Fatigue, surpoids, manque d’attention ou de concentration… Les effets négatifs à court ou moyen terme d’un usage excessif des écrans peuvent s’avérer d’autant plus lourds de conséquences pour des jeunes militaires qui, dans le cadre de leur mission, se doivent d’être au maximum de leurs capacités en termes de vigilance et de performance physique.

10 - Nouveau rapport de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies, publié en décembre 2016.
11 - Sondage réalisé en décembre 2017 par Opinion Way pour l’Institut national du Sommeil et de la Vigilance (INVS). https://villagesommeil.org/espace-presse/resultats-enquete-2018/