Sommeil et alimentation, un lien bien établi

Sommeil et alimentation, un lien bien établi

Le manque de sommeil perturbe notre métabolisme

De nombreuses études ont mis en évidence l’impact du manque de sommeil sur l’appétit. Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer cette tendance à manger davantage lorsque l’on est en déficit de sommeil. L’une d’entre elles met en avant le rôle clé de deux hormones dans la régulation de l’appétit :

  • la leptine, qui est sécrétée par les cellules adipeuses durant la nuit et a pour effet d’induire la satiété et d’augmenter la dépense énergétique ;
  • la ghréline, qui est produite durant la journée par l’estomac et stimule l’appétit.

Le manque de sommeil aurait pour conséquences de :

  • diminuer la durée de sécrétion de la leptine au profit de celle de la ghréline ;
  • d’augmenter la sensation de faim et l’envie de grignoter, avec une plus forte attirance pour les aliments gras et sucrés.

Au-delà de ces mécanismes hormonaux, le manque de sommeil peut également générer une prise de poids pour deux raisons :

  • plus le temps d’éveil durant la journée est long, plus le temps disponible pour manger est important ;
  • le manque de sommeil tend à renforcer la sédentarité et à diminuer la dépense énergétique.

Par ailleurs, il est aujourd’hui bien établi qu’une durée de sommeil insuffisante accroît le risque de développer un diabète chez les personnes prédisposées et de voir la maladie s’aggraver chez les patients diabétiques. Le déficit de sommeil a en effet un impact direct sur le métabolisme du glucose (baisse de 50 % de l’action de l’insuline et diminution de 30 % de la quantité d’insuline produite1).

 

Le surpoids nuit au sommeil

Le surpoids favorise le développement de différents troubles du sommeil, parmi lesquels :

  • L’apnée du sommeil ou syndrome d’apnée obstructive du sommeil qui se manifeste par la survenue fréquente, durant le sommeil, de pauses respiratoires (10 à 30 secondes, voire plus).

58 % des personnes obèses souffriraient de ce syndrome et 50 % des personnes atteintes seraient obèses2. En cause, la présence d’un excès de graisse au niveau du cou, de la langue et du pharynx qui contribue à rétrécir les voies respiratoires durant le sommeil. C’est pourquoi, il est recommandé aux personnes souffrant d’apnée du sommeil de perdre du poids pour réduire la quantité de graisse présente au niveau de la gorge et dégager les voies aériennes supérieures.

  • L’insomnie qui toucherait davantage les femmes obèses que celles de corpulence normale2.
  • L’hypersomnolence dont la prévalence serait plus importante chez les personnes obèses3.

 

 

Chiffres clés

  • 77% des Français ignorent ou ne croient pas que le manque de sommeil favorise la prise de poids3.
  • Une étude menée en 20142 par l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV) a mis en évidence un risque accru de surpoids chez les petits dormeurs. Selon cette étude, les adultes dormant moins de 6 heures par nuit auraient ainsi un risque d’obésité accru de 34 % pour les femmes et de 50 % pour les hommes !
 

 

 
1 - Le sommeil est-il une fonction vitale ? Quels liens avec mon diabète ?, Aldimachki Ghassan, newsletter (lettre n°16) du Centre européen d’étude du diabète, automne 2015.
2 - Enquête « Sommeil et nutrition 2014, NutriNet-Santé », INSV
3 - Brochure « Carnet du sommeil – Sommeil et nutrition », INSV