Le tabagisme et le confinement font-ils bon ménage ?

La situation actuelle est génératrice de stress. Elle peut aggraver le tabagisme ou causer une rechute pour les ex-fumeurs. Que faire ?

Le stress provoque l’envie de fumer et le confinement peut majorer la dépendance psychologique des fumeurs. La cigarette apaise alors momentanément l’anxiété. Cependant, lorsqu’un facteur déclenchant survient (comme une information à la télévision, un message sur les réseaux sociaux, les enfants qui chahutent, etc.), l’envie d’en consommer une autre revient aussi. Et rapidement, une nouvelle situation déclenchante relance ce cercle vicieux. La consommation de tabac va donc être plus fréquente au cours de la journée.

 

Sortir de cet engrenage en arrêtant de fumer

Le meilleur comportement alternatif durable, c’est l’arrêt du tabac. C’est possible, même si ce n’est pas la première fois. Le fait d’être accompagné double les chances de réussite.
La dépendance nicotinique sera gérée avec un apport de nicotine suffisant et suffisamment longtemps (au moins 3 mois) à l’aide de substituts nicotiniques (patchs et formes orales), voire par la vape.
La dépendance psychologique sera gérée grâce aux exercices respiratoires, à la cohérence cardiaque qui permet de s’accorder du temps pour respirer différemment et sans s’intoxiquer, pendant 5 minutes 3 fois par jour. Il existe des applications sur smartphone, comme RespiRelax+. La dépendance comportementale sera gérée en mettant en place divers comportements alternatifs tout au long de la journée.

Quant aux récentes informations sur le rôle possiblement protecteur de la cigarette et plus précisément de la nicotine contre le Covid-19, elles ne doivent pas être un encouragement pour fumer. Ces données font, à l’heure actuelle, l’objet d’étude alors que les effets néfastes du tabac sont eux avérés et qu’ils sont à l’origine de nombreuses maladies mortelles.

 

Contrôler la consommation d'alcool

Une attention particulière doit être également apportée à la consommation d’alcool. En cette période de confinement, les apéros virtuels reviennent à la mode. Le risque est de rompre une abstinence ou une réduction de consommation mise en place depuis plusieurs mois ou années. La vigilance doit être présente, en référant aux seuils de consommation de Santé publique France : 2 verres par jour au maximum, 5 jours par semaine au plus.

Cette période de confinement est l’occasion de faire le point sur sa consommation de tabac et de choisir d’arrêter de fumer pour sa santé et celle de ses proches.

 

Article rédigé par le Dr Philippe Arvers, médecin militaire addictologue et tabacologue.

Pour en savoir plus : Tabac Info Service
 Alcool Info Service

Sources : Article publié sur le Site The Conversation
Santé publique France